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Parité femmes/hommes : rien de nouveau sous le soleil

Cette année encore, le rapport de l’Insee n’annonce pas de révolution quant au partage des tâches et du pouvoir au sein des couples, de l’entreprise ou des instances décisionnelles. Les effets d’une législation, pourtant mise en place pour faire évoluer les mentalités, se font toujours attendre...


Studieuses, mais toujours en retrait

Quatre ans après la précédente édition, le rapport de l’Insee « Femmes et hommes - Regards sur la parité », publié en février dernier, montre une forte persistance des inégalités. Alors que les femmes obtiennent de meilleurs résultats à l’école et dans l’enseignement supérieur, elles continuent à rencontrer plus de difficultés que les hommes dans la vie professionnelle. Davantage confrontées aux CDD, aux temps partiels et au chômage, leurs revenus sont donc nettement inférieurs.

30 % des femmes à temps partiel

En 2006, 25 millions de personnes étaient en situation d’emploi, dont près de 12 millions de femmes. Si parmi ces personnes, 92 % des femmes et 86 % des hommes étaient salariés, 11% des femmes disposaient d’un CDD, travaillaient en intérim ou en contrats aidés contre 13 % des hommes. Alors que 30% des femmes travaillaient à temps partiel, seuls 6 % des hommes étaient dans ce cas. Associé au fait que les femmes sont encore aujourd'hui le plus souvent responsables des tâches familiales et domestiques au sein des ménages, ce développement des temps partiels, qui s'accroît avec le nombre d'enfants, met en lumière les difficultés d'articulation entre vie professionnelle et familiale.

Des secteurs d'emploi très sexués

Hommes et femmes ne travaillent pas dans les mêmes secteurs d’activité. Les femmes sont ainsi particulièrement présentes dans l'éducation, la santé et l'action sociale (75 % des emplois) ainsi que dans les services aux particuliers (61 %) alors qu'elles sont presque absentes dans la construction et peu présentes dans l'industrie. Les emplois de la fonction publique de l'État sont marqués, comme ceux du secteur privé, par une forte spécialisation et des écarts de niveau hiérarchique entre hommes et femmes. Tous ministères confondus, le taux de féminisation était de 57 %, fin 2005 parmi les agents civils. La part des femmes est cependant plus importante dans les ministères qui relèvent du domaine social : 71 % des effectifs au ministère des Affaires sociales et 65 % au ministère de l'Éducation nationale.

Peu de femmes cadres

Malgré des progrès, les fonctions d'encadrement et de direction restent, dans le secteur privé comme dans la fonction publique d'État, des prérogatives majoritairement masculines. Début 2006, alors que 26% des agents de la fonction publique d'État réunissant les conditions nécessaires pour accéder aux emplois supérieurs étaient des femmes, seuls 16% de ces emplois étaient effectivement occupés par elles. Elles sont, cependant, de plus en plus présentes, même si leur représentation varie d'un ministère à l'autre : 30% au ministère des Affaires sociales contre moins de 10 % au ministère de l'Intérieur. Dans le secteur privé, seul un poste d'encadrement sur quatre est occupé par une femme. Ce pauvre score traduit néanmoins une amélioration de 4 points en 10 ans.

Egalité des salaires
A compter 1er janvier 2010, l’obligation sera faite, aux entreprises de plus de 50 salariés, d’instaurer un plan de résorption des écarts salariaux. Elles seront sanctionnées financièrement en cas de non-respect de l’égalité professionnelle femmes-hommes.


Des salaires moins élevés

Les salaires moyens des femmes cadres sont nettement inférieurs à ceux de leurs collègues masculins. L’une des raisons avancées ? Le fait qu’elles travaillent dans des secteurs moins rémunérateurs tels que les « services aux particuliers ». Les entreprises de « services aux entreprises », plus rémunératrices, sont en effet davantage investies par les hommes. Parmi les dirigeants de sociétés et les entrepreneurs individuels, les femmes sont également très minoritaires et mal loties, côté finances. Il en est de même dans les secteurs privé et semi-public où les salaires horaires nets moyens des femmes sont inférieurs à ceux des hommes quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle.

Pour les salariés à temps complet, la disparité salariale entre hommes et femmes s'élevait à 23% fin 2005 et atteignait 29 % pour les cadres. Pour les fonctionnaires, l'écart moyen est de 16% dans la fonction publique d'État, de 14% dans la fonction publique territoriale et de 27 % dans la fonction publique hospitalière.

Plus souvent au chômage

La baisse des taux de chômage, constatée depuis le début de l'année 2006, a été particulièrement nette pour les femmes. Mais elles restent néanmoins moins bien loties que les hommes dont le taux de chômage est passe de 10 % à 8,4 %. Les jeunes femmes sont plus particulièrement concernées, avec un taux de chômage de 24 % contre 21 % pour les hommes, entre 15 et 24 ans.

Le taux de chômage des ouvrières (17,3 %) est, quant à lui, très nettement supérieur à celui des ouvriers (10,2%). Plus touchées par le chômage que les hommes, les femmes exercent également plus souvent une activité professionnelle réduite, concomitante à leur chômage. Ainsi, en 2004-2005, 5,2 % des femmes en emploi étaient inscrites à l'ANPE, soit 560 000 personnes en moyenne. Parmi les femmes en CDD, en CDI ou en intérim inscrites à l'ANPE, 60 % déclaraient vouloir travailler plus.

L'impact des familles monoparentales
Comme dans la majorité des pays européens, le taux de pauvreté des femmes est légèrement supérieur à celui des hommes (11,7% contre 10,3% en 2005). Près de 27 % des parents de familles monoparentales, essentiellement des femmes, disposent en effet d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.

Moins d’entreprises pérennes

En 2006, environ 30 % des créateurs d'entreprise ont été des créatrices, contre 27 % en 2002. Les femmes créent des entreprises individuelles alors que les hommes s'orientent surtout vers la création de sociétés. Il semble que pour mener à terme leurs projets, les femmes se fassent plus souvent que les hommes accompagner par des spécialistes ou par leur entourage professionnel ou personnel. Elles rencontrent moins souvent de difficultés à obtenir un financement. Cependant, alors même qu’elles sont en moyenne plus diplômées que les créateurs, seules 60% des entreprises créées par elles, sont pérennes trois ans plus tard. Le choix de l'activité, le niveau des moyens investis, le diplôme ou encore l'aide au moment de la création ne suffisent pas à expliquer cette moindre survie des entreprises créées par des femmes.

 

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Source : Insee « Femmes-hommes : regards sur la parité, édition 2008 » : www.insee.fr
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Nicole Danvers, mars 2008 – nicoledanvers@cidj.com



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