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Le nouveau dispositif daides aux étudiants
Valérie
Pécresse, ministre de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche, a annoncé
le 19 septembre dernier son nouveau dispositif
d'aides aux étudiants. Elaboré
dans le cadre du chantier « Conditions
de vie étudiante », ce nouveau
dispositif vise notamment les étudiants
des classes moyennes dont les parents ne sont
pas soumis à limpôt sur revenu.
Ceux-ci ne bénéficient ni des
mesures fiscales, ni des bourses sur critères
sociaux.
Doté
de 100 millions d'euros supplémentaires,
le nouveau système sera basé sur
trois types d'aides : les bourses sur critères
sociaux, un fonds national d'aide d'urgence
et un prêt spécial pour les étudiants.
Il sappliquera dès la rentrée
2008.
Un système plus
simple et plus lisible
Désormais,
les bourses ne seront plus déterminées
que sur deux critères : les revenus du
foyer fiscal et le nombre d'enfants à
charge. Les revenus issus du travail étudiant
ne seront pas pris en compte dans ce calcul.
Grâce à cette simplification, le
CNOUS pourra mettre en place sur son site Internet
un simulateur de calcul permettant à
chaque étudiant de connaître dès
la rentrée le montant de lensemble
des aides auxquelles il a droit.
Suppression
dAline
Conséquence
du nouveau dispositif : la ministre a annoncé
la suppression de l'allocation Aline. «
Elle avait un très faible effet, et touchait
peu de monde. Elle était réservée
aux étudiants décohabitant, ce
qui n'est pas la frange la plus en difficulté
parmi les étudiants. »
«
Le système actuel est mal fait. Les 18
critères qui déterminent le montant
de la bourse ne permettent pas aux étudiants
de prévoir sur plusieurs années
ce qu'ils vont toucher. Comme conséquence,
certains réduisent leurs ambitions. De
très bons bacheliers vont en STS car
ils n'osent pas l'université pour cette
raison », a expliqué Valérie
Pécresse.
Une augmentation du nombre d'étudiants
boursiers
Dès
la rentrée 2008, 50 000 jeunes supplémentaires
devraient bénéficier du système
d'aides sociales. La nouvelle mesure touchera
notamment les familles non soumises à
l'impôt sur le revenu qui ne bénéficient
ni de la demi-part fiscale, ni de la réduction
d'impôt pour frais de scolarité,
et qui ne pouvaient jusque là prétendre
à une aide directe de l'Etat.
Par
ailleurs, un nouveau dispositif, intitulé
« Sésame » prévoit
louverture des bourses de mobilité
internationale et de mérite aux étudiants
dont les parents ne sont pas soumis à
l'impôt sur le revenu.
Les bourses de mobilité internationale
D'un
montant de 400 euros par mois, la bourse de
mobilité internationale aide l'étudiant
qui part étudier un trimestre ou un semestre
à l'étranger à faire face
aux frais de son séjour. L'objectif est
que tout étudiant, dans le cadre du système
Licence-Master-Doctorat (LMD), aille effectuer
une partie de ses études à l'étranger.
Dès 2008, 30 000 étudiants devraient
en bénéficier, soit un doublement
du nombre de bénéficiaires.
Les bourses de mérite
D'un
montant de 200 euros par mois, elles seront
attribuées à deux types d'étudiants.
Les lycéens ayant obtenu une mention
très bien au bac, pour toute la durée
de la licence et les « lauréats
étudiants », identifiés
par les universités comme appartenant
aux 5% des meilleurs de leur licence. Cette
bourse serait versée tout au long du
master.
Le
système actuel des aides au mérite
récompense les seuls étudiants
ayant obtenu une mention Très Bien au
baccalauréat pour une durée illimitée.
Or, il n'est pas rare qu'un élève
moyen au lycée se révèle
au cours de ses études supérieures.
C'est ce que le nouveau dispositif cherche à
faut valoriser.
Une
aide supplémentaire pour les étudiants
les plus défavorisés
Pour les 100 000 étudiants dont les familles
gagnent moins de 7 000 euros par an, un nouveau
niveau de bourse sera créé pour
permettre une augmentation de leur montant de
4,5% dès la rentrée 2008.
Un fonds national d'aide d'urgence
Pour
faire face à des situations exceptionnelles
et qui peuvent survenir notamment en cours d'année
universitaire, un fonds national d'aide d'urgence
est créé. L'aide sera attribuée
dans chaque académie par une commission
rectorale. Il s'agit de refondre des dispositifs
éparpillés et de fixer des critères
d'attribution au niveau national (par exemple,
un étudiant dont les parents perdent
brutalement leur emploi, un adulte en situation
de reprise d'étude, ou un étudiant
en rupture avec sa famille et devant s'assumer
seul).
Des prêts étudiants « attractifs
»
Par
ailleurs, Valérie Pécresse a annoncé
qu'elle est en concertation avec l'Association
française des banques (AFB) pour définir
les modalités d'un prêt étudiant
attractif. Pour elle, le système actuel
n'est pas satisfaisant, les prêts d'honneur
des Crous ne touchant que très peu de
monde. Par ailleurs, « seuls 60 000 étudiants
ont actuellement souscrit un prêt dans
une banque », regrette la ministre. «
Il y a sans doute une vraie réticence
chez les étudiants à ce mode de
financement. Nous voulons comprendre pourquoi
», reconnaît-elle.
Les
prêts bancaires devraient être accessibles
à tous les étudiants, remboursables
à longue échéance après
obtention du diplôme et inclure un risque
de défaillance garanti. 10 millions d'euros
sont consacrés à ce projet.
Pas
de dixième mois
Le dispositif annoncé par la ministre
exclut toutefois un dixième mois de bourse,
versé en septembre, comme le réclament
plusieurs organisations étudiantes. La
ministre a cependant demandé aux Crous
de verser la première mensualité
dès le moment de la rentrée.
La réaction des syndicats étudiants
Après
avoir alerté la ministre sur la baisse
du pouvoir dachat et la dégradation
de la situation sociale des étudiants,
la Fage et la Confédération étudiante
se déclarent satisfaits des annonces
de Valérie Pécresse sur les aides
sociales. Cependant, elles sinterrogent
sur lintroduction des prêts «
comme un pilier du financement social »
et les dérives potentielles dun
tel système.
De
son côté, l'Unef « prend
acte » du plan annoncé, mais se
dit « très déçu »
jugeant les mesures « bien en deçà
de lurgence sociale de la rentrée
» et « en contradiction avec les
propositions qui avaient fait consensus sur
la nécessité de concentrer les
efforts sur les bourses afin de revaloriser
le pouvoir dachat des étudiants
et de permettre aux classes moyennes daccéder
au système ».
Frais
de rentrée universitaire.
Dès la rentrée 2008, le versement
des droits dinscription à luniversité
et des droits de sécurité sociale
étudiante sera fractionné sur
les trois premiers mois de lannée
universitaire, afin détaler le
coût élevé de la rentrée
pour les étudiants.
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Sources :
- Ministère de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche : www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/discours/index.htm
- Dépêche AEF « Vie étudiante
: Valérie Pécresse promet 100
millions d'euros supplémentaires pour
les aides sociales ». Jessica Gourdon.
19 septembre 2007.
Lire aussi :
Rentrée universitaire 2007-2008 : infos
utiles
Les étudiants voient baisser leur niveau
de vie
Fiche ACTUEL-Cidj n° 1.612 : Les bourses
de lenseignement supérieur
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Hendrike
Schmidt, septembre 2007 hendrikeschmidt@cidj.com
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