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Le profil des nouveaux étudiants à
la loupe
En
mars dernier, le ministère de lEducation
nationale a publié une enquête
réalisée à lautomne
2006 sur les nouveaux bacheliers inscrits en
licence. Parmi les bacheliers, quatre sur dix
sinscrivent à luniversité
pour préparer une licence ou en 1er cycle
détudes médicales ou pharmaceutiques.
Parmi eux, la majorité sont titulaires
dun bac général (80%). Ils
se répartissent dans les filières
suivantes : sciences humaines, lettres ou langues
(46%), droit, sciences économiques ou
AES (29%), sciences ou STAPS (25%).
Un
sur trois voulait une filière sélective
Paradoxe
: un tiers des bacheliers inscrits en licence
à luniversité ont candidaté
à lentrée dune filière
sélective, notamment à lentrée
des classes préparatoires et des écoles
post bac. Un chiffre en hausse par rapport à
lenquête réalisée
en 2002. Cest le cas de près de
la moitié des titulaires dun bac
technologique ou professionnel, ou encore, de
34% des bacheliers S. Ces étudiants se
retrouvent principalement en AES, en économie
et gestion, ainsi quen sciences fondamentales.
Cependant,
lenquête précise quun
étudiant sur cinq explique cette candidature
par le fait quil navait pas encore
pris de décision sur son orientation.
Résultat : plus dun sur trois a
été accepté ailleurs et
a pourtant préféré sinscrire
en licence. De quoi rassurer lEducation
nationale
Au total, 80% des nouveaux inscrits
déclarent être dans la formation
quils souhaitaient en fin de terminale
même si cela nétait pas toujours
leur premier choix.
Répartition
des bacheliers :
Quatre
bacheliers sur dix intègrent luniversité,
et les autres, une filière sélective
: une classe préparatoire (7%), un institut
universitaire technologique (9%), une section
de techniciens supérieurs (19%) ou une
formation post-bac (8%).
Orientation
: Internet en hausse
Orientation
? Le ministère sest justement penché
sur les moyens dinformation dont disposaient
ces bacheliers. Sessions dinformation
ou discussion avec des professeurs
cest
le lycée qui vient en tête, notamment
pour les bacheliers généraux (51%
contre 40% pour les lycéens technologiques
ou professionnels). Suivent les discussions
avec la famille ou des amis (27%), puis en troisième
position, Internet, qui prend une part de plus
en plus grande, « aux dépens en
particulier des centres dinformation et
dorientation (CIO) ou des centres dinformation
et de documentation de la jeunesse (CIDJ) ».
La
place du web est « la principale évolution
depuis 2002 ». A cette date, seulement
10% des nouveaux inscrits citait Internet parmi
ses principales sources dinformation,
contre près de 30% en 2006. De quoi distancer
les salons ou forums dorientation, les
journées portes ouvertes, ou encore,
les brochures distribuées par les établissements.
Parmi
les personnes qui ont aidé les bacheliers
dans leur orientation, lenquête
souligne la place des enseignants (notamment
en filière générale), des
parents (notamment quand la mère est
cadre, profession libérale ou enseignante)
puis des amis (surtout dans les filières
technologiques et professionnels). Les conseillers
dorientation arrivent en dernière
position avec 6% de réponse !
Enfin,
les trois quarts des nouveaux étudiants
ont arrêté leur choix de formation
pendant la Terminale, mais un étudiant
sur quatre ne savait pas encore ce quil
allait faire lorsquil a passé son
bac. Soit un choix bien tardif.
Information
sur lorientation : 90% de satisfaction
Près
de trois étudiants sur quatre se disent
« tout à fait » ou «
plutôt » satisfaits de linformation
quils ont trouvée sur le choix
des orientations possibles après leur
série de bac ou sur les différents
parcours détudes possibles. Un
indice en progression par rapport à 2002.
En revanche, linsatisfaction reste plus
marquée en ce qui concerne les différents
métiers et les filières pour y
accéder : 36% des nouveaux étudiants
se disent « pas vraiment » voire
« pas du tout » satisfaits.
Mais,
concernant la filière dans laquelle ils
se sont inscrits, la demande est « très
inégale ». Seulement deux sur trois
se sont renseignés sur le contenu exact
des études dans leur filière,
plus dun sur deux a cherché à
en savoir plus sur lorganisation des études
et un sur trois sur les taux de réussite
aux examens. Au contraire, presque la majorité
(80%) se sont informés sur les débouchés
professionnels de leur filière.
Au
final, nuance lenquête, neuf étudiants
sur dix ont obtenu linformation quils
recherchaient.
Leur
motivation : le contenu des études
Quest-ce
qui a influé dans le choix dorientation
? La motivation la plus souvent retenue est
lintérêt pour le contenu
des études (57%), ainsi que le projet
professionnel (48%).
Mais,
contrairement aux étudiants inscrits
dans les filières sélectives,
seuls 14% des nouveaux étudiants à
luniversité citent les débouchés
offerts par leur filière, à lexception
de ceux inscrits en droit et en sciences économiques.
Ils sont nettement moins confiants lorsquils
sont en sciences humaines, sciences fondamentales
ou STAPS (!).
Enfin,
13% citent le souci de garder le plus douvertures
possibles et 9% le fait que la filière
se situe dans le prolongement de leur série.
86%
des étudiants motivés à
lautomne
Quelques
semaines après la rentrée, 86%
des nouveaux étudiants se disent plutôt
ou très motivés à légard
des études quils entreprennent.
Cest notamment le cas des bacheliers ayant
eu une mention et inscrit dans une filière
en lien avec leur projet professionnel.
La
plupart portent un jugement positif sur linformation
quils ont reçue : linformation
sur lemploi du temps (3 sur 4) ou sur
la vie à luniversité (7
sur 10). En revanche, ils sont moins satisfaits
de linformation sur le statut de létudiant,
notamment les bourses et la sécurité
sociale et également sur les examens
et lorganisation des études.
Surtout,
leur formation correspond majoritairement à
limage quils en avaient (59%) et
près dun sur quatre sont même
agréablement surpris. Ils sont donc 80%
à envisager de poursuivre lannée
suivante dans la même spécialité
de licence. Cest un indicateur stable,
mais la part de ceux qui veulent rejoindre un
IUT, une STS ou une école est en hausse
(15%).
Mais,
se rassure lEducation nationale, en dehors
de tout problème de niveau scolaire,
de sélection ou de contrainte, 54% des
nouveaux étudiants se seraient engagé
dans le même cursus universitaire.
Sept
sur dix confiants dans les débouchés
de leur filière
Lenquête
a aussi analysé les souhaits en matière
de poursuite détudes. Elle constate
une évolution, avec une hausse des intentions
de décrocher un bac + 3 (+ 9 points),
le premier niveau de diplôme dans le cadre
du LMD. Cest le souhait de deux fois plus
de bacheliers technologiques quen 2002.
En revanche, les intentions de décrocher
un bac + 5 stagnent (54%).
Dans
le même temps, constate-t-elle, «
les étudiants conservent une confiance
élevée à légard
des débouchés que leur assurera
leur filière » : 71% estiment quelle
leur offrira de bons débouchés.
Cependant, cest un chiffre en baisse depuis
2002 ( 8 points). Si 9 étudiants
sur 10 en droit et sciences politiques, sciences
économiques, gestion sont confiants,
cela nest le cas qu1 sur 2 en sciences
humaines.
Cette
dégradation explique le nombre de bacheliers
ayant déposé un dossier ailleurs
: les nouveaux étudiants ont davantage
confiance en termes demploi dans les filières
professionnelles courtes que dans la licence.
Quelle
perception de leur avenir professionnel ?
Conséquence
: la confiance quont les nouveaux étudiants
dans leur avenir professionnel seffrite.
Moins de deux sur trois pensent trouver facilement
un emploi avec le niveau universitaire quils
souhaitent atteindre. Un « pessimisme
» qui touche plus les lettres, les sciences
humaines, les STAPS
que le droit, les
sciences économiques et les sciences
fondamentales.
Ceux
qui sont les plus optimistes quant à
leur avenir sont aussi, relève lenquête,
ceux qui ont un projet professionnel précis
: ils sont un sur deux dans cette situation,
tandis que quatre sur dix savent simplement
dans quel domaine ils voudraient travailler.
En revanche, presque un sur dix dit navoir
aucune idée de ce quil veut faire.
En
savoir plus : Qui sont les nouveaux bacheliers
inscrits en licence à la rentrée
2006 ? Note dinformation n°07.11,
DEPP, mars 2007 : http://media.education.gouv.fr/file/86/9/4869.pdf
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Agnes
MOREL, mai 2007 agnesmorel@cidj.com
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