Retour accueil
 
Accueil Qui sommes-nous ? Contact  
Produits professionnels
ACTUEL-Cidj
Version papier
Version web
Web ENT scolaire
Web ENT universitaire
Web Intranet / Extranet
L’avis des pros
Offres d'abonnements
Demande d'information
  Cartes métiers du CIDJ
  Kit Jeunes Initiatives
  Autres produits
Abonnés ACTUEL-Cidj
  Rectificatifs
  Infos abonnés
Librairie en ligne
  Commander des livres
Services professionnels
  Offres de stages
  Accueil de groupes
  Edition
Agenda du CIDJ
  Consulter l'agenda
 
A la Une d'actuel-cidj.info


Développement des services à la personne : un premier bilan régional positif


Considéré comme un gisement potentiel d'emplois non délocalisables, les services à la personne ont bénéficié, via la loi Borloo, d'une campagne active de promotion destinée à en favoriser le développement. Qu’en est-il un an plus tard ? Une enquête du Centre d’observation du commerce, de l’industrie et des services d’Ile-de-France (Crocis) auprès des chefs d’entreprises fait le point.

Méthodologie :
L’enquête du CROCIS a été réalisée entre le 22 janvier et le 6 février 2007 par Internet auprès des dirigeants de 240 entreprises du secteur des services à la personne : entreprises possédant un agrément sur fichier exhaustif Paris et petite couronne (fichiers issus des Directions départementales du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle et du Syndicat des entreprises de services à la personne). 105 chefs d'entreprise ont répondu, soit un taux de réponse de 44 %.

Un bilan globalement positif

Globalement, le très fort taux de réponse à cette enquête (44 %), et les avis détaillés des chefs d'entreprise expriment un réel enthousiasme pour ce secteur en pleine expansion. « Toutefois, ils expriment des regrets face aux pesanteurs administratives et une méfiance vis-à-vis de nouveaux acteurs entrant dans ce champ professionnel, attirés par des perspectives de croissance et usant largement de la publicité mais offrant une qualité de service parfois jugée discutable ».

La politique de fort soutien au secteur, orchestrée par les pouvoirs publics et les organismes professionnels impliqués, est largement appréciée, même si les chefs d’entreprises considèrent que des améliorations pourraient encore être apportées. Il faut en particulier veiller à ce que les difficultés d'embauche ne deviennent pas un frein majeur au développement potentiel du secteur.

Les mesures Borloo plébiscitées

Les principales mesures de la loi Borloo sont appréciées par l'ensemble des chefs d'entreprise : le taux de TVA réduit, les déductions fiscales pour les particuliers, ainsi que la suppression des charges patronales de sécurité sociale à hauteur du SMIC sont jugées « assez ou très utiles » par la quasi totalité des responsables. Seule la création du CESU pré-financé (chèque emploi service universel) fait l'objet d'une appréciation plus nuancée : 70 % des chefs d’entreprises l'estiment « assez ou très utile ». Il semblerait que le CESU soit encore méconnu : en effet, moins de 10 % des clients de ces entreprises règlent donc celles-ci en CESU pré-financé. Des efforts restent à fournir en communication auprès des co-financeurs potentiels pour permettre un réel décollage du CESU.

De nombreuses créations d’emploi au national :
L’objectif du Plan Borloo est ambitieux : créer 500 000 emplois en trois ans. En 2006, 144 000 emplois ont déjà été créés et 222 000 autres devraient voir le jour en 2007. Les chiffres de l’ANPE sont eux aussi éloquents : 109 264 offres d’emploi dans le secteur des services à la personne enregistrées par elle en 2006. Employant plus de 1 300 000 individus, les services à la personne constituent le secteur de l’économie française dont la croissance en termes de créations d’emplois, a été la plus forte au cours des quinze dernières années. Le vieillissement de la population, l’allongement de la durée de vie, le maintien des personnes à domicile, la hausse des revenus et du patrimoine d’une grande partie des personnes âgées, la place de la femme dans la société et le monde du travail et les réductions d’impôt qui ont été associées à ces services, tendent à dynamiser ce marché.

Les démarches administratives en question

Il reste que les trois quarts des chefs d'entreprise, lorsqu'ils évoquent leur quotidien, jugent « difficiles » les questions administratives. Les remarques portent essentiellement sur la complexité des réglementations, en droit social notamment, dans un domaine où le turn-over des salariés est important, la lourdeur des états mensuels à produire pour la DDTEFP et le manque d'harmonisation des demandes des différentes administrations.

Viennent ensuite les problèmes de recrutement (pour 69 % d'entre eux), devant la recherche de nouveaux clients (63 %), et les questions fiscales (59 %). Le coût élevé des actions de promotion pour démarrer l'activité et se créer une clientèle a été souligné.

En revanche, la fidélisation des clients n'est pas un problème : 75 % des chefs d'entreprise jugent qu'elle est « facile », alors qu'ils sont plus partagés pour la fidélisation du personnel : « facile » pour 54 % des dirigeants, elle reste néanmoins « difficile » pour 46 % d'entre eux. En ce qui concerne les aspects fiscaux, les charges patronales au dessus du SMIC, les difficultés de calcul des cotisations sociales, et les relations complexes avec les URSSAF, notamment pour les entreprises mandataires, sont les difficultés le plus souvent évoquées.

Difficultés d’embauches

57 % des responsables d’entreprise déclarent connaître des difficultés d’embauche : les contraintes fortes du secteur en sont la raison principale : tâches souvent ingrates, demandant une forte disponibilité, avec des contraintes horaires, des temps partiels, et des déplacements nombreux, pour des salaires peu attractifs. Les chefs d’entreprise sont nombreux à souligner le manque de personnel qualifié et motivé. Le secteur souffre d’une mauvaise image, et l’ANPE semble privilégier la réinsertion de personnes en échec professionnel vers le secteur des services à la personne sans toujours tenir compte des compétences nécessaires à ces métiers exigeants. Peu de candidats ont à la fois l’expérience et la validation de cette expérience, et les personnes formées connaissent mieux les organismes publics du type CCAS (Centres communaux d’action sociale) que les entreprises.

Pénurie générale de personnel qualifié

Toutes les activité sont concernées par cette pénurie de personnel, et en particulier celles pour lesquelles la demande est forte : l’entretien de la maison et les travaux ménagers (plus d’une entreprise sur deux est concernée), l’assistance aux personnes âgées et le soutien scolaire, les prestations de bricolage « hommes toutes mains », les petits travaux de jardinage et la garde d'enfant à domicile. Les métiers les plus souvent cités sont : auxiliaires de vie, aides ménagères, femmes de ménage, gardes d'enfants. Le secteur de la petite enfance en particulier manque de nouveaux diplômés.

Diplômes mais surtout expérience recherchée

La formation la plus citée par les chefs d’entreprises est le DEAVS (Diplôme d'état d'auxiliaire de vie sociale), mais dans la plupart des cas c'est l'expérience qui est privilégiée, à part pour des postes plus techniques comme l'informatique à domicile, où l'on recherche des informaticiens ou techniciens informatiques, ou pour le soutien scolaire où l'on privilégie les professeurs ou étudiants avec bac +3 minimum.

En matière de formation, l'offre actuelle apparaît peu satisfaisante pour 55 % des dirigeants interrogés qui, ne trouvant pas sur le marché de formation adaptées à leurs besoins ou à des prix accessibles, forment souvent en interne leurs intervenants ou salariés. Outre les aspects « techniques de métier », la grande majorité des demandes porte sur le « savoir-être », en particulier face à des publics fragiles, la relation client, la psychologie, l'ergonomie et la sécurité. Pour ce qui concerne le personnel encadrant, les besoins sont assez variés, allant de la gestion commerciale à la comptabilité en passant par la gestion des ressources humaines et le droit social et fiscal.

Redorer le blason de la profession

Pour attirer et fidéliser les salariés, les chefs d'entreprise s'accordent à considérer que l'augmentation des salaires serait l'élément le plus déterminant, assortie d'une diminution des charges tant patronales que salariales sur les salaires, applicables à l'ensemble des rémunérations et pas uniquement à hauteur du SMIC. La revalorisation de l'image de marque de ces métiers, associée à des parcours professionnalisants permettant des évolutions de carrière, revêt également une importance cruciale à leurs yeux. L'établissement d'une convention collective spécifique aux entreprises de services à la personne est également un moyen évoqué.

2007 optimisme affiché et nouvelles activités

Interrogés sur les activités qui seront à leur avis les plus amenées à se développer à l'avenir dans le secteur des services à la personne, les chefs d'entreprise ont évoqué en priorité l'aide au maintien à domicile de personnes âgées, handicapées ou dépendantes (citée par plus de la moitié des personnes interrogées), l'entretien de la maison et l’assistance informatique. Ont aussi été cités, mais dans une moindre mesure, le soutien scolaire, la garde d'enfants, le bricolage-prestations hommes toutes mains.

30 % des dirigeants interrogés déclarent envisager de se lancer en 2007 dans de nouvelles activités de services à la personne, qu'ils n'assuraient pas auparavant, essentiellement dans l'assistance informatique à domicile, l'aide aux personnes âgées et la garde d'enfants. Les responsables d’entreprises font preuve d'optimisme quant au développement de leur activité en 2007 : 91 % d'entre eux pensent que leur chiffre d’affaires va augmenter cette année, et 69 % qu'il en sera de même pour leurs bénéfices. Ce très bon résultat révèle une grande confiance dans le développement du marché et la croissance du secteur.

Un soutien public à maintenir

Pour aider au développement du secteur, les chefs d'entreprise soulignent la nécessité de maintenir dans la durée les déductions fiscales et de mieux prendre en compte les besoins des ménages non imposables par le crédit d'impôt. Les dirigeants souhaitent également un allongement de la durée des exonérations de charges patronales, et l'assouplissement de la clause d'exclusivité pour certaines activités lorsque le marché des particuliers est encore trop étroit (dépannage informatique).

Pour les responsables interrogés, les exonérations pourraient être élargies aux activités suivantes : entretien du matériel aidant au maintien à domicile, télé-assistance, accompagnement d'enfants à l'école, garde d'enfants en mode collectif. En ce qui concerne les services fournis sur le lieu de travail (conciergeries d'entreprises, crèches d'entreprises) les avis sont partagés, certains considèrent qu'il s'agit plutôt de « B to B » et non plus de services à la personne proprement dits.

Assistance à la création d’entreprises :
32 % seulement des créateurs ont bénéficié d'une assistance à la création d'entreprise : les organismes les plus cités sont les chambres de commerce (39 %), les Boutiques de gestion (32 %), l'Agence pour la création d'entreprise (29 %), l'Anpe et le SESP. L'aide a majoritairement été fournie sous forme de conseils personnalisés (84 %), et/ou par des brochures (43 %) et/ou des réunions d'information (43 %).
Considérée par les créateurs comme « très utile ou assez utile » dans 91 % des cas, l’accompagnement le plus précieux a consisté en conseils juridiques et fiscaux, en conseils professionnels et ciblés permettant une action efficace et un gain de temps et en une aide aux prévisions financières.

----

Sources : « Enquête services à la personne : des chefs d’entreprise optimistes un dynamisme à soutenir ». Bénédicte Gualbert . Enjeux Ile-de-France. Centre régional d’observation du commerce de l’industrie et des services. Mars 2007.

Pour en savoir plus :
- Un Cahier du Crocis, plus détaillé, est en préparation sur ce sujet. « Les services aux particuliers, champ de développement pour l'emploi en Ile-de-France ? » Enjeux Ile-de-France n°85, juillet 2005, Crocis.
CROCIS : 27, av de Friedland 75382-PARIS Cedex 08

Lire aussi : Aide à la personne : 500 000 nouveaux emplois pour 2008
Le grand âge, avenir des jeunes OCIS de la CCIP, 27 avenue de Friedland - 75382 PARIS cedex 08

Nicole DANVERS, avril 2007 – NicoleDanvers@cidj.com

 

Archives de La Une d'actuel-cidj.info
>> Tous les articles archivés

 

Nouveau : la version web d'ACTUEL-Cidj.
>>Tout savoir sur la version web

 
 
Accueil
Qui sommes-nous ?
Contact
Partenaires
© CIDJ - 2008